Marie-Anne Libert

Douzième de treize enfants, Marie-Anne Libert vit le jour à Malmedy en avril 1782.  Ses parents, tanneurs et bourgeois lettrés, se rendirent rapidement compte de la précocité de son intelligence. Elle fut d’abord élevée des Sépulcrines de Malmedy.  A l’âge de onze ans, ses parents la mirent en pension pour apprendre l’allemand et le violon, deux spécialités qu’elle maîtrisa rapidement. Henri-Joseph Libert sut déceler l’intérêt naissant de sa fille pour les sciences exactes et lui enseigna l’algèbre et la géométrie, afin de lui succéder dans les affaires. Elle y prit goût et poussa la formation bien au-delà des exigences commerciales. A l’école où les jeunes filles de son âge ne pensaient qu’à se distraire, Marie-Anne Libert était animée d’une soif intense de savoir : tout l’intéressait, elle voulait tout savoir. La nature l’attirait particulièrement, elle passait de longues heures à se promener dans la région de Malmedy, et notamment en Fagnes. Elle observait, récoltait de nombreux minéraux et végétaux qu’elle identifiait ensuite dans le cabinet de son père, pour enfin les répertorier et les classer. Comme la plupart des ouvrages étaient rédigés en latin, elle se mit à étudier le latin, en parfaite autodidacte. Ses travaux botaniques, plus exactement cryptogamiques, d’une rigueur scientifique indéniable, lui valurent une notoriété internationale. Elle entretiendra des contacts avec des scientifiques belges, allemands, français et même anglais. Elle collabora d’ailleurs un temps avec le Dr. Lejeune de Verviers, chargé de rédiger un catalogue des plantes du département de l’Ourthe. L’Étude des langues anciennes avait orienté sa curiosité vers l’archéologie. Dans les dernières années de sa vie, alors que son âge ne lui permettait plus de courir la campagne, elle consacra énormément de temps au passé de la principauté de Stavelot-Malmedy. Elle accordait à ses travaux d’histoire et d’archéologie la même rigueur scientifique qu’à ses Études de botanique, ne négligeant aucune source à sa portée, bien que celles-ci soient quelquefois incomplètes.  La polémique concernant les origines de l’abbé Wibald mit un terme à ses publications. De temps en temps, elle recevait la visite de savants étrangers, avec qui elle entretint d’ailleurs une correspondance suivie. Outre ses herbiers, elle se constitua une remarquable collection de perles extraites des grosses moules perlières à Écailles nacrées que nourrissaient en abondance, l’Amblève et ses affluents. Elle avait aussi réuni une importante collection de monnaies. Cette immense activité scientifique ne fut pas pour Marie-Anne Libert, femme exceptionnelle s’en fut, une entrave à ses affaires. Elle les mena comme ses recherches, avec la même conscience, le même souci de bien faire. Avec ses frères, elle sut donner une grande extension à la tannerie modeste dont ils avaient hérité de leurs parents. Après une courte maladie de trois jours, Marie-Anne Libert s’éteignit le 14 janvier 1865 dans sa maison rue Devant le Vivier 15, actuelle rue Devant l’Etang. En 1925, le Conseil communal de Malmedy décida de donner le nom de Marie-Anne Libert à une nouvelle artère. Le Cercle naturaliste de la région de Malmedy (l’actuel Cercle Royal M-A Libert) a fait apposer en 1965 une plaque commémorative sur la façade de la maison qui s’élève à l’emplacement de celle où naquit, vécut et mourut Marie-Anne Libert. Notre association a Également fait placer dans le Parc des Tanneries, aujourd’hui rebaptisé Parc Marie-Anne Libert, une stèle ornée d’un médaillon à l’effigie de la célèbre botaniste. Ses herbiers, les collections de Plantae cryptogamicae qu’elle a publiées ont valu à M-A Libert la célébrité auprès d’un large public. Toutefois, c’est surtout son herbier personnel qui intéresse les spécialistes. Cet herbier, intercalé dans les collections du Jardin Botanique de l’Etat belge, comprend des plantes que la botaniste malmédienne avait récoltées elle-même, d’autres qu’elle avait reçues de correspondants, d’autres enfin faisant partie de collections publiées. L’herbier reflète exactement la flore malmédienne telle qu’elle se présentait dans la première moitié du  siècle passé, avant que l’homme n’ait dégradé fortement le tapis végétal de la contrée. Il ne faut pas s’étonner de trouver dans cet herbier des espèces que seule la botaniste malmédienne a rencontrées dans la région et que nul n’a revues depuis.

Les Échantillons de cet herbier sont généralement abondants, bien préparés et déterminés avec beaucoup de soin. De cette préoccupation témoignent les étiquettes des Cryptogames, avec leurs références bibliographiques précises et nombreuses, souvent enrichies des textes consultés et des dessins illustrant les caractères microscopiques, exécutés par Mlle Libert d’après ses observations originales.

 

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